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Des membres des communautés de Papouasie-Nouvelle-Guinée apprennent de nouvelles méthodes pour suivre la flore et la faune

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Entretien avec trois jeunes chefs d’équipe chargés de la biodiversité dans l’aire de conservation de Managalas.
Two Biodiversity Team Leaders attach an acoustic wildlife recorder to a tree in the Managalas Conservation Area, Papua New Guinea, as part of biodiversity monitoring.
Deux chefs d’équipe chargés de la biodiversité installent un enregistreur acoustique dans l’aire de conservation de Managalas, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Photo : Russell Wai / Landscape Alliance

Les populations vivent sur le plateau de Managalas, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, depuis des siècles. Beaucoup d’entre elles — en particulier celles qui pratiquent la chasse — connaissent intimement certaines parties de sa forêt. Ici, toutes les terres appartiennent à des clans, et chaque parcelle possède ses propres utilisateurs et gardiens.

Mais pour comprendre la biodiversité du plateau dans son ensemble — afin de prendre de meilleures décisions en matière de gestion et, potentiellement, d’attirer de futurs financements grâce à des mécanismes tels que les crédits de biodiversité — il est nécessaire d’avoir une vision plus large.

C’est pourquoi la Managalas Conservation Foundation (MCF) et ses partenaires de Landscape Alliance travaillent avec les clans de Managalas afin de mieux documenter la flore et la faune de la région.

Une partie de ce travail consiste à former un groupe de jeunes issus de différentes parties du plateau afin qu’ils deviennent des chefs d’équipe chargés de la biodiversité (BTL) et supervisent les activités de suivi des espèces. Il s’agit d’un rôle varié et exigeant, qui nécessite à la fois une bonne condition physique, des compétences technologiques et une capacité à travailler en équipe dans des environnements difficiles.

Nous avons rencontré trois de ces chefs d’équipe pour en savoir plus sur leur travail et sur ce qu’ils ont appris grâce à cette expérience.

Forests News (FN): Comment êtes-vous devenus chefs d’équipe chargés de la biodiversité ?

Kelly Onia (KO) : Nos quatre responsables de zone nous ont sélectionnés parmi les personnes qui avaient participé à un travail de collecte de données dans le cadre d’une enquête auprès des ménages. Sur les 44 personnes qui y ont participé, ils en ont choisi dix pour suivre la formation et rejoindre l’équipe chargée de la biodiversité.

Alpheus Mamo (AM) : J’ai intégré ce programme grâce au programme sur la biodiversité mis en place dans mon village.

Graham Etiawa (GE) : Nous sommes allés en ville, avons suivi la formation, puis sommes revenus et avons commencé à réaliser l’enquête sur la biodiversité.

FN: Comment s’est déroulée la formation?

KO:Nous sommes allés à Popondetta pendant une semaine pour suivre une formation en ligne au cours de laquelle nous avons appris à installer les dispositifs d’enregistrement audio et les pièges photographiques. La formation a été dispensée par WildMon, une organisation à but non lucratif spécialisée dans les technologies de conservation et le suivi de la biodiversité.

AM: Ensuite, nous sommes revenus et avons commencé à mettre en pratique ce qu’on nous avait montré, avec l’aide de certains membres de WildMon et de Landscape Alliance. Nous avons beaucoup travaillé pour apprendre à configurer les appareils photo afin qu’ils puissent prendre des photos des animaux.

A group portrait of 14 local men standing and kneeling in a grassy field while holding up smartphones, with a traditional thatched-roof building and tropical vegetation in the background.
Les chefs d’équipe chargés de la biodiversité de l’aire de conservation de Managalas pendant leur formation. Photo : Russell Wai / Landscape Alliance

FN: Que se passe-t-il lors d’une opération de déploiement ?

KO: Nous allons en forêt et installons les dispositifs [dans des grilles de suivi réparties sur le plateau]. Les appareils photo restent sur place pendant un mois, tandis que les enregistreurs sonores restent moins longtemps. Ensuite, nous revenons les récupérer.

GE: Nous installons un camp et restons une nuit sur chaque grille. Parfois, lorsque les conditions sont difficiles, le déploiement prend deux jours au lieu d’un, mais normalement, une seule journée suffit. Il y a sept stations dans chaque grille, espacées de 500 mètres. Nous plaçons les piles et les cartes SD dans les pièges photographiques et les dispositifs acoustiques, puis nous les étiquetons. Parfois, nous allons aussi pêcher pendant que nous sommes sur place.

AM: Nous vivons dans la forêt et travaillons ensemble. Nous mangeons beaucoup de riz !

Biodiversity Team Leader Alpheus Mamo records bird observations in a notebook while conducting a wildlife monitoring survey in the forest of Papua New Guinea’s Managalas Conservation Area.
Le chef d’équipe Alpheus Mamo enregistre des observations d’oiseaux pendant une opération de suivi de la biodiversité. Photo : Russell Wai / Landscape Alliance.
Gabriel Leite demonstrates camera trap setup to Biodiversity Team Leaders during a wildlife monitoring training session in Papua New Guinea’s Managalas Conservation Area.
Gabriel Leite (à droite) montre comment installer un piège photographique lors d’une formation au suivi de la biodiversité destinée aux chefs d’équipe. Photo : Russell Wai / Landscape Alliance.
A Biodiversity Team Leader secures a camera trap to a tree during a wildlife monitoring survey in Papua New Guinea’s Managalas Conservation Area.
Un chef d’équipe chargé de la biodiversité installe un piège photographique lors d’une opération de suivi de la faune sauvage. Photo : Russell Wai / Landscape Alliance.

FN:Quels défis rencontrez-vous sur le terrain ?

KO: La forêt est très difficile. Parfois, nous rentrons tard dans la nuit. Nous ne disposons pas de suffisamment d’équipements, comme des radios ou des téléphones satellites.

AM: Les endroits où nous allons peuvent être très escarpés. Les signaux GPS peuvent ne pas fonctionner correctement. Parfois, nous arrivons tard, alors nous installons le campement et dormons sur place.

GE: Il peut faire très froid et pleuvoir beaucoup lorsque nous campons.

FN: Avez-vous enregistré ou observé des animaux intéressants ?

GE: Oui. Certains de ces animaux ne vivent pas dans notre région. Habituellement, nous ne les voyons pas directement — nous les enregistrons uniquement grâce aux pièges photographiques.

KO: Des kangourous arboricoles, des cacatoès noirs, des opossums et des rats.

AM: Beaucoup de bandicoots, de serpents et de grenouilles.

FN: Ce travail vous a-t-il amenés dans des endroits où vous n’étiez jamais allés auparavant ?

KO: Oui. Nous escaladons des montagnes et pénétrons profondément dans la forêt, dans des endroits où je n’étais jamais allé auparavant.

GE: Lors du déploiement auquel j’ai participé, c’était la première fois que je me rendais dans cet endroit.

AM: Oui, nous allons dans des zones que nous ne fréquentons normalement pas. Comme nous pénétrons sur les terres d’autres personnes, c’est un nouvel environnement pour nous.

FN: Comment les règles culturelles et le régime de propriété des terres influencent-ils votre travail ?

KO: Certains endroits sont des sites sacrés. Nos ancêtres nous ont dit de ne pas y aller, et nous respectons cette règle. Si vous entrez dans ces lieux, certaines parties de votre corps — comme les jambes ou les yeux — pourraient être paralysées. Nous n’avons donc pas le droit d’y aller.

GE: Nous nous rendons sur le terrain avec les personnes qui vivent dans les environs. Elles nous indiquent les endroits où nous ne devons pas aller, et nous déplaçons alors nos stations vers d’autres endroits.

FN: Qu’avez-vous appris ou gagné en faisant partie de l’équipe chargée de la biodiversité ?

KO: J’ai appris beaucoup de choses, de nouvelles choses. J’ai acquis de nouvelles expériences en escaladant des montagnes, en découvrant de nouveaux animaux grâce aux appareils photo, en dormant dans la forêt et en travaillant avec le reste de l’équipe.

C’est très bien pour nous. Nous n’avons pas eu la possibilité d’aller au collège ou à l’université pour apprendre toutes ces choses parce que nous sommes ici, dans nos villages. Mais depuis que ce programme sur la biodiversité a été introduit à Managalas, nous avons fait de nouvelles expériences.

GE: J’ai vraiment apprécié de travailler aux côtés de certains experts et visiteurs internationaux qui viennent ici et d’apprendre avec eux à utiliser les équipements photographiques.

AM: J’ai appris beaucoup de choses sur des animaux que nous ne connaissions pas auparavant.

Members of the biodiversity monitoring team prepare for a field expedition in Papua New Guinea’s Managalas Conservation Area.
Des membres de l’équipe de suivi de la biodiversité se rassemblent avant de partir sur le terrain pour installer des pièges photographiques et des enregistreurs acoustiques. Photo : Russell Wai / Landscape Alliance.

FN: : Les résultats seront-ils communiqués aux communautés ?

GE: Oui. Il est important de partager les résultats avec les communautés afin que les habitants puissent voir ce qui a été enregistré sur leurs terres.

KO: Oui. Une fois les données analysées, les partenaires partageront un rapport et les données de suivi avec les communautés et reviendront discuter des résultats avec elles.

FN: Souhaitez-vous continuer à faire ce type de travail à l’avenir ?

KO: Oui. C’est nouveau pour moi et c’est très intéressant. J’aimerais poursuivre mes études dans un collège ou une université quelque part.

AM: Oui, je veux continuer à faire ce travail.


Pour plus d’informations sur ce projet, veuillez contacter le responsable du programme de Landscape Alliance en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Will Unsworth : [email protected].

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