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De la théorie à la pratique : créer des moyens de subsistance grâce à l’agroforesterie

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À Kisangani, en République démocratique du Congo, une formation pratique et continue en agroforesterie aide de jeunes entrepreneurs à développer leurs activités, à améliorer la sécurité alimentaire et à renforcer les moyens de subsistance de leurs ménages.
Students gather in an agroforestry plot behind a technical school in Yangambi, Democratic Republic of Congo.
Des étudiants et des invités sur une parcelle agroforestière située derrière l’ITAV Yangambi, dans la province de la Tshopo, en République démocratique du Congo. Photo : Axel Fassio / Landscape Alliance.

Pour de nombreux étudiants, les cours s’arrêtent lorsque la cloche retentit. Mais pour Héritier Litoma Wewe et André Mosala Misandu, la journée se poursuit au-delà de la salle de classe. Une fois rentrés chez eux, ils mettent en pratique les connaissances acquises en agroforesterie et en agriculture durable, appliquant ce qu’ils ont appris pour soutenir leurs familles et développer leurs moyens de subsistance. Tous deux âgés de 18 ans, ils étudient dans des humanités techniques agricoles à Kisangani, en République démocratique du Congo (RDC). Litoma gère une pépinière de cacaoyers, tandis que Mosala cultive des légumes destinés aux marchés locaux.

Aujourd’hui, la pépinière de cacaoyers de Litoma a généré plusieurs milliers de dollars américains de revenus pour sa famille, tandis que Mosala approvisionne les marchés locaux en légumes frais et envisage de se lancer dans l’élevage de volailles. Leurs activités ont bénéficié d’un appui initial de l’Agence française de développement (AFD) et d’Enabel, l’agence belge de développement, dans le cadre du projet Gouvernance, Inclusion et Formation agricole et rurale dans la province de la Tshopo (GIFT)

Le projet collabore avec des Instituts techniques agricoles (ITA) afin de doter les jeunes de compétences pratiques en agroforesterie, en gestion des pépinières et en agriculture durable. Les étudiants sont encouragés à s’approprier ces compétences et à les mettre en pratique, afin d’aider leurs familles à produire de la nourriture, à générer des revenus et à gérer les ressources naturelles dont dépendent les communautés.

« Les jeunes montrent que lorsqu’ils disposent de compétences pratiques solides et d’un accompagnement à long terme, les connaissances nouvellement acquises peuvent déboucher sur des innovations entrepreneuriales, améliorer les moyens de subsistance de leurs familles et inspirer des changements au sein de leurs communautés », explique Joëlle Grandjean, coordinatrice de l’éducation environnementale à Landscape Alliance pour le projet Paysage d’engagement de Yangambi (YEL) en RDC. « Notre objectif est de maintenir un appui technique à long terme afin que les connaissances acquises par les étudiants en classe continuent de produire des bénéfices durables, bien après la fin de la formation initiale et du soutien financier. »

Entre 2024 et 2026, le projet a formé 250 étudiants et 28 enseignants de quatre ITA de Kisangani, dans la province de la Tshopo, sur la plantation d’arbres, la gestion des pépinières, l’agroforesterie et la production maraîchère. Les étudiants ont également reçu du matériel agricole ainsi qu’un accompagnement technique de leurs enseignants et des membres de l’équipe technique du projet.

Litoma et Mosala, tous deux étudiants de quatrième année en humanités techniques agricoles, respectivement à l’ITA Simi-Simi et à l’ITA Maendeleo, ont créé des activités agricoles à domicile avec l’appui des équipes de Landscape Alliance.

Litoma s’est appuyé sur sa formation en gestion des pépinières et sur les outils agricoles fournis dans le cadre du projet GIFT pour créer sa pépinière de cacaoyers. Il a lui-même mobilisé les fonds nécessaires au démarrage et utilisé une parcelle appartenant à sa famille. Il a également bénéficié de l’appui technique de ses enseignants et des membres des équipes de l’éducation environnementale et du projet GIFT. En moins d’un an, Litoma a produit 2 514 plants de cacaoyer. Plus de 500 plants ont été utilisés pour établir une plantation familiale de cacaoyers de 0,5 hectare, tandis qu’environ 2 000 plants ont été vendus à des agriculteurs locaux cultivant le cacao.

Héritier Litoma Wewe wearing a yellow hard hat and tending young cocoa seedlings in a nursery.
Héritier Litoma Wewe, étudiant de quatrième année en humanités techniques agricoles à l’Institut technique agricole (ITA) Simi-Simi, s’occupe de sa pépinière de cacaoyers dans la province de la Tshopo. Photo : Axel Fassio / Landscape Alliance.
Héritier Litoma Wewe wearing a yellow hard hat and inspecting young cocoa seedlings in a nursery.
Litoma s’occupe de jeunes plants de cacaoyer dans sa pépinière, dans la province de la Tshopo. Photo : Axel Fassio / Landscape Alliance.

« Avant la formation, je n’aurais jamais imaginé que la production de plants de cacaoyer puisse devenir une source de revenus pour ma famille. Ce que j’ai appris à l’école m’a donné la confiance nécessaire pour créer ma propre pépinière, et voir les agriculteurs acheter mes plants m’a motivé à continuer à développer cette activité », explique Litoma.

Litoma est le premier membre de sa famille à se lancer dans la production de plants de cacaoyer. Selon son enseignant en agriculture, sa persévérance, sa curiosité et son intérêt pour l’entrepreneuriat le distinguent, tout comme sa volonté de continuer à apprendre. Il a également été le premier membre de sa famille à bénéficier de la formation et de l’orientation entrepreneuriale proposées dans le cadre du projet.

Au cours de la campagne agricole 2025, saison B, qui s’est déroulée d’octobre 2024 à février 2025, André Mosala, étudiant à l’ITA Maendeleo, a récolté 130 kilogrammes de légumes et de pastèques, ainsi que 78 bottes d’oignons verts et d’amarante. Il a vendu les trois quarts de sa production et utilisé le reste pour compléter l’alimentation de sa famille.

André Mosala crouching in a field beside harvested watermelons, holding one watermelon in his hands.
André Mosala, étudiant de quatrième année en humanités techniques agricoles à l’ITA Maendeleo, avec des pastèques provenant de son potager dans la province de la Tshopo. Photo : Axel Fassio / Landscape Alliance.
André Mosala wearing a red hard hat and tending leafy vegetables in a garden
André Mosala s’occupe de ses cultures maraîchères dans la province de la Tshopo. Photo : Axel Fassio / Landscape Alliance.

« Je suis fier que les compétences acquises à l’école m’aident désormais à produire de la nourriture pour ma famille et à générer des revenus. Voir les résultats de mon propre travail m’a donné la confiance nécessaire pour comprendre que je peux construire mes moyens de subsistance grâce à l’agriculture », explique Mosala.

Au-delà des résultats économiques, Mosala s’est progressivement imposé comme un modèle auprès de ses pairs. Son jardin maraîcher lui a permis de développer des relations régulières avec des commerçants des marchés locaux, auxquels il fournit des légumes frais. Il prévoit désormais de s’appuyer sur cette expérience pour développer un projet d’élevage de poulets.

Les expériences de Litoma et Mosala montrent ce que les étudiants peuvent accomplir lorsqu’ils ont la possibilité de mettre en pratique leur formation agricole au-delà de la salle de classe. Les deux étudiants se sont distingués par leurs résultats après avoir suivi la formation et bénéficié d’un accompagnement, comme les autres étudiants. Si tous les étudiants de la cohorte ont reçu un appui technique, Litoma et Mosala ont obtenu des résultats plus rapidement, attirant l’attention des formateurs et des membres de la communauté qui ont assisté au lancement de leurs initiatives. Le projet espère que d’autres étudiants les rejoindront prochainement.

Forts de ces expériences, les équipes du projet renforcent l’accompagnement à domicile et impliquent davantage les enseignants dans le suivi des activités agricoles des étudiants. À la mi-2026, 59 étudiants répartis dans les quatre Instituts techniques agricoles (ITA) partenaires bénéficient de cette approche. Ces étudiants font partie des 250 jeunes ayant reçu une formation, du matériel agricole et un appui technique de leurs enseignants et des membres de l’équipe technique du projet. Cette approche permet de poursuivre l’accompagnement des étudiants au fur et à mesure qu’ils développent leurs activités.


Remerciements  

Les activités décrites dans cet article s’inscrivent dans le cadre des travaux menés par Landscape Alliance dans lepaysage d’engagement de Yangambi (YEL), à travers leprojet Gouvernance, Inclusion et Formation agricole et rurale dans la province de la Tshopo (GIFT), financé par l’Agence française de développement (AFD)etEnabel, l’agence belge de développement, ainsi que leprojet Formation, Recherche et Environnement dans la Tshopo (FORETS), financé par l’Union européenneet leForeign, Commonwealth and Development Office (FCDO).