À Choma, dans la province du Sud de la Zambie, des pots de miel côtoyaient des plateaux de poisson sur le stand d’exposition du Programme de gestion durable de la faune saubage (SWM).
Ces produits provenaient de coopératives communautaires soutenues à travers des initiatives d’apiculture et de pêche communautaire. Ensemble, ils illustraient concrètement le thème de la journée, « Forêts et économies », en montrant comment les écosystèmes forestiers et aquatiques peuvent soutenir des chaînes de valeur locales lorsque les communautés participent à leur gestion.
Cette exposition s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des forêts en Zambie. Elle a réuni des représentants du gouvernement, des autorités traditionnelles, des partenaires au développement ainsi que des membres des communautés locales autour d’une réflexion commune sur la valeur des forêts et l’urgence de renforcer leur protection.
Représentant le Programme SWM, le Centre de Recherche Forestière Internationale et le Centre International de Recherche en Agroforesterie (CIFOR-ICRAF) a participé à l’événement avec un message clair : la préservation des forêts ne peut être dissociée de l’amélioration durable des moyens de subsistance des communautés locales.
Les visiteurs de l’exposition ont échangé avec l’équipe du Programme SWM afin de mieux comprendre les liens étroits entre le miel, le poisson et la santé des écosystèmes. L’apiculture, par exemple, repose sur des paysages forestiers préservés et riches en biodiversité, tandis qu’une pêche durable dépend d’écosystèmes aquatiques bien gérés, eux-mêmes soutenus par les bassins versants forestiers environnants. En mettant ces produits en valeur côte à côte, l’équipe a illustré de manière concrète l’interconnexion entre les forêts, la faune, les ressources en eau et les moyens de subsistance des communautés locales.
D’un point de vue scientifique, cette interconnexion est aujourd’hui bien établie.
« Du point de vue de la recherche, les forêts ne constituent pas uniquement des ressources écologiques ; elles sont aussi des systèmes productifs essentiels au soutien de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique », a souligné Yasa Luo Chisanga. « En protégeant les écosystèmes forestiers, nous préservons également les fondements scientifiques qui soutiennent les moyens de subsistance des communautés rurales ainsi que le développement national. »
Le secteur privé voit également des opportunités croissantes dans la valorisation commerciale des produits issus des écosystèmes forestiers. « Pour nous, acteurs du secteur privé, les produits issus d’une exploitation durable, comme le miel, représentent bien plus que de simples produits commerciaux ; ils incarnent une production responsable et le renforcement des communautés locales », a expliqué Denise Madiro. « Renforcer ces chaînes de valeur, c’est créer des opportunités de marché qui récompensent les efforts de conservation tout en améliorant durablement les revenus des producteurs locaux. »


Au niveau des politiques publiques, l’urgence de protéger ces écosystèmes était tout aussi évidente. Dans un discours prononcé en son nom par la secrétaire permanente adjointe de la province du Sud, Mme Yolanta Mutyambe Malunga, le secrétaire permanent Dr Namani Monze a souligné les pressions croissantes exercées par l’exploitation non durable des terres, le changement climatique et l’extraction des ressources naturelles.
« Ces défis exigent une action urgente et collective si nous voulons préserver notre patrimoine naturel pour les générations futures », a déclaré Dr Namani Monze, soulignant la nécessité d’une mobilisation concertée face à l’ampleur des enjeux.
Il a également souligné que la Journée internationale des forêts rappelle la responsabilité partagée de préserver les forêts, qui demeurent indispensables aussi bien à la stabilité environnementale qu’au développement économique.
« La Journée internationale des forêts rappelle à chacun la responsabilité collective de protéger les forêts, qui restent indispensables aussi bien à l’équilibre environnemental qu’au développement économique. »
La contribution des forêts au développement économique a également été largement mise en avant au cours des échanges.
« Les forêts constituent de véritables moteurs de développement économique », a souligné Dr Monze. «Elles créent des emplois, génèrent des revenus, soutiennent les moyens de subsistance des populations et fournissent des services écosystémiques indispensables.»
Dans la même allocution, Monze a appelé les communautés et les institutions à faire de la restauration des forêts une responsabilité partagée.

Photo : Andreas Muhwanga / CIFOR-ICRAF.
« La préservation de nos forêts est une responsabilité partagée. Unissons nos efforts pour restaurer nos forêts, renforcer les capacités de nos communautés et construire pour la Zambie un avenir résilient face au changement climatique. »
Ce message s’inscrivait pleinement dans l’approche portée par le Programme SWM. Lors de l’exposition, Lydia Amanzi, Responsable communication de CIFOR-ICRAF a mis en avant l’importance d’associer la conservation des ressources naturelles à l’amélioration durable des moyens de subsistance des populations locales.
« Lorsque les communautés perçoivent concrètement les bénéfices d’une gestion durable des ressources, notamment à travers la production de miel ou les activités de pêche, elles deviennent de véritables gardiennes des écosystèmes dont dépend leur avenir » , a déclaré Amanzi.
L’équipe du Programme SWM a par ailleurs souligné l’importance des approches de conservation pilotées par les communautés elles-mêmes, considérées comme essentielles pour garantir une gestion durable des ressources naturelles sur le long terme.
« Notre approche consiste à veiller à ce que les communautés ne soient pas uniquement bénéficiaires, mais qu’elles jouent également un rôle central dans les décisions relatives à la gestion des ressources naturelles », a ajouté Lydia. « C’est cette implication active des communautés qui permet d’assurer la durabilité des efforts de conservation sur le long terme.»
Le miel et le poisson présentés lors de l’exposition démontraient concrètement comment les efforts de conservation peuvent générer des chaînes de valeur bénéfiques pour les ménages, tout en contribuant à réduire la pression sur les forêts et la faune sauvage. Ces activités de subsistance s’inscrivent dans une approche plus large de promotion de pratiques durables d’utilisation des terres, capables de concilier préservation de l’environnement et développement économique.
L’événement a également constitué un cadre d’échanges entre les représentants du gouvernement, les partenaires au développement et les membres des communautés, qui ont pu interagir directement avec l’équipe du Programme SWM, partager leurs expériences et explorer des pistes de collaboration pour une gestion plus durable des ressources naturelles.
Daniel Phiri, membre de l’équipe du programme SWM a consacré une grande partie de la journée à échanger avec les différentes parties prenantes présentes sur le stand d’exposition. Ces discussions faisaient écho à une réflexion plus large qui a marqué l’événement : comment permettre aux communautés de prendre pleinement part aux économies fondées sur les ressources forestières, plutôt que de leur attribuer uniquement la responsabilité de protéger les forêts ?
Ces échanges ont renforcé une conviction de plus en plus partagée : la gestion durable des forêts ne peut être envisagée de manière isolée. Elle repose sur une action concertée entre les différents secteurs et sur des partenariats solides mobilisant l’ensemble des acteurs à tous les niveaux.

Photo : Andreas Muhwanga / CIFOR-ICRAF.

Photo : Andreas Muhwanga / CIFOR-ICRAF.
Alors que la Zambie célébrait la Journée internationale des forêts autour du thème de l’importance économique des forêts, le message porté depuis Choma était sans équivoque : protéger les forêts ne relève pas uniquement de la conservation, mais aussi de la nécessité de préserver les moyens de subsistance, de renforcer la résilience des communautés et de bâtir un avenir durable.
À travers sa participation, CIFOR-ICRAF a réaffirmé son engagement en faveur d’approches intégrées de la conservation, fondées sur la reconnaissance du rôle essentiel des forêts en bonne santé en tant que sources de biodiversité, de revenus et de résilience pour les communautés qui en dépendent.








