LANGUAGE

Rechercher un article

L’Éthiopie examine et valide le cadre de la Coalition nationale de la Grande Muraille Verte

EN, FR
9 min de lecture
L’atelier a réaffirmé l’engagement des parties prenantes à rendre opérationnelle la Coalition nationale de la GMV grâce à une action coordonnée et à des partenariats renforcés.
Hilly landscape in Tigray with scattered trees, cultivated land and small houses under a clear blue sky.
Paysage de collines dans le Tigré, l’une des trois régions éthiopiennes mettant en œuvre l’Initiative de la Grande Muraille Verte. Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.

L’Éthiopie s’efforce de rapprocher les institutions impliquées dans l’ Initiative de la Grande Muraille Verte (GGWI), alors que les agences gouvernementales, les partenaires au développement, les chercheurs et les représentants régionaux cherchent à mieux coordonner les activités de restauration à travers le pays.

L’atelier national de consultation sur la Grande Muraille Verte (GMV), organisé conjointement par Landscape Alliance et l’Ethiopian Forestry Development (EFD), s’est tenu le 14 août 2026 à Addis-Abeba. Les participants ont examiné et validé le Cadre de la Coalition nationale de la Grande Muraille Verte et discuté des moyens permettant aux institutions de collaborer davantage en matière de planification, de suivi, de communication et de rapportage.

La coalition vise à soutenir l’Initiative Héritage vert de l’Éthiopie ainsi que les programmes de restauration des forêts et des paysages (FLR), tout en renforçant la cohérence dans la manière dont les activités liées à la GGWI sont planifiées et suivies. Dans son discours d’ouverture, Kebede Yimam, Directeur général de l’EFD, a souligné la nécessité d’une coopération renforcée pour faire face à la dégradation des terres, à la perte de biodiversité, au changement climatique et à la réduction des ressources naturelles. Il a également mis en avant le rôle de la GGWI dans le soutien à l’Initiative Héritage vert de l’Éthiopie et, plus largement, aux objectifs de restauration et de développement durable.

Kebede Yimam speaks at a lectern during the National Great Green Wall Consultation Workshop, with participants seated in the foreground and the workshop banner behind him.
Kebede Yimam, directeur général de l’Ethiopian Forestry Development, prononce le discours d’ouverture. Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.

Il a également invité les institutions représentées et participant à l’atelier à considérer la coalition comme un moyen de partager la responsabilité de l’initiative, plutôt que comme un simple mécanisme supplémentaire de coordination.

« Ensemble, nous pouvons construire un partenariat solide qui accélère la mise en œuvre, renforce le suivi et le rapportage et améliore l’impact global de l’Initiative de la Grande Muraille Verte à travers l’Éthiopie », a-t-il déclaré.

Le Directeur pays de Landscape Alliance en Éthiopie, Niguse Hagazi, a présenté le programme « Connaissance pour l’Action – Grande Muraille Verte » (CAGMV), qui vise à renforcer les capacités nécessaires à la mise en œuvre de pratiques de gestion durable des terres (GDT) dans les pays de la Grande Muraille Verte.

Dirigée par Landscape Alliance et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’initiative travaille avec l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) et les États membres afin d’améliorer l’accès à des technologies et connaissances de restauration adaptées aux réalités locales dans l’ensemble de la zone de la Grande Muraille Verte.

“Les connaissances sont le fondement du changement d’échelle de la restauration et de l’obtention d’un impact mesurable.”

Niguse Hagazi, Directeur pays de Landscape Alliance en Ethiopie

Le programme s’appuie notamment sur les enseignements tirés des partenariats locaux développés dans le cadre d’initiatives de restauration telles que Reverdir l’Afrique, soutenue par l’Union européenne, a indiqué Niguse.

Niguse Hagazi speaks to workshop participants during a presentation at the National Great Green Wall Consultation Workshop in Addis Ababa.
Niguse Hagazi, Directeur pays de Landscape Alliance en Éthiopie, présente le programme « Connaissance pour l’Action – Grande Muraille Verte » (CAGMV). Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.

CAGMV soutient la formation et le partage de connaissances sur la gestion durable des terres (GDT), la restauration des forêts et des paysages (FLR) et les pratiques de reverdissement, ainsi que l’amélioration des cadres de suivi, de communication et de rapportage. Il contribue également au fonctionnement de la Coalition nationale de la Grande Muraille Verte, à la gestion des connaissances et à la production de données probantes, à l’apprentissage Sud-Sud entre les pays de la Grande Muraille Verte et au changement d’échelle des pratiques de l’Initiative Héritage vert et de restauration des forêts et des paysages.

Dans le cadre du CAGMV Landscape Alliance a organisé deux formations de formateurs, une formation destinée aux experts de la GGWI en suivi-évaluation ainsi qu’un atelier de consultation réunissant les points focaux de la Grande Muraille Verte et d’autres acteurs, a précisé Niguse.

Le point focal national de l’Initiative de la Grande Muraille Verte en Éthiopie, Adefires Worku, a présenté les progrès réalisés et les difficultés rencontrées dans l’élaboration des termes de référence de la Coalition nationale de la Grande Muraille Verte.

« L’alignement des efforts nationaux à travers la plateforme qui sera mise en place permettra de coordonner la mise en œuvre des engagements nationaux tout en facilitant et en réduisant le coût de l’interopérabilité », a déclaré Adefires.

Les discussions ont ensuite porté sur le fonctionnement concret de la coalition, notamment en matière de coordination, de suivi et de rapportage, ainsi que de collaboration entre les institutions concernées.

Les participants ont relevé plusieurs difficultés pratiques qui compliquent la coordination des activités de la GGWI en Éthiopie. L’information ne circule pas toujours entre les parties prenantes, notamment lors de la planification, du suivi et du rapportage entre les différentes institutions et les différents programmes. Les données fiables et standardisées permettant de suivre les progrès et de mesurer l’impact restent également limitées.

Participants at a Great Green Wall consultation workshop posing for a group photo indoors.
Participants à l’atelier national de consultation sur la Grande Muraille Verte à Addis-Abeba. Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.

Ils ont également évoqué le manque de ressources et les contraintes de capacités aux niveaux national et régional, la documentation limitée, la faible diffusion des enseignements tirés ainsi que la participation irrégulière et le manque de rapportage régulier de la part des partenaires mettant en œuvre des activités liées à la Grande Muraille Verte. La discussion s’est ensuite orientée vers les moyens par lesquels la coalition pourrait contribuer à combler certaines de ces lacunes. Les participants ont appelé à la mise en place de structures de gouvernance claires, à une définition précise des rôles et responsabilités ainsi qu’à la tenue régulière de réunions de coordination réunissant toutes les parties prenantes concernées. Ils ont également recommandé de renforcer la coordination et la communication entre les institutions gouvernementales, les partenaires au développement, les ONG, les organisations de recherche et les acteurs régionaux afin de réduire les chevauchements d’activités.

Ils ont proposé d’élaborer et de mettre en œuvre un cadre harmonisé de suivi, d’évaluation et de rapportage, comprenant des indicateurs et des modèles de rapport communs. Cela permettrait de suivre les progrès de manière plus cohérente dans l’ensemble des activités de la GGWI.

Le lendemain, des représentants du Tigré, de l’Amhara et de l’Afar, les trois régions qui mettent en œuvre la GGWI, se sont réunis pour discuter des moyens de renforcer la coordination de leurs activités.

Bizuayehu Alemu, expert en suivi et évaluation de la GGWI à l’EFD, a dirigé les discussions.

« Nous avons discuté de la mise en place d’un système commun de planification, de rapportage et de suivi », a déclaré Bizuayehu. « Les participants ont affiné le plan d’action que nous avions déjà, y ont ajouté leurs contributions et supprimé certaines activités. Ils ont également formulé des observations sur la proposition de cadre de suivi de la GGWI. Dans l’ensemble, ce fut une réunion fructueuse. »

Portrait of Bizuayehu Alemu, wearing a grey jacket and light blue shirt.
Bizuayehu Alemu, expert en suivi et évaluation de la GGWI à l’Ethiopian Forestry Development. Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.
Portrait of Yikuno Amlak Gebre Wahid wearing glasses and a dark jacket.
Yikuno Amlak Gebre Wahid, chercheur principal et directeur du Département des ressources naturelles de l’Institut de recherche agricole du Tigré. Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.
Portrait of Issme Lealem Mihret wearing glasses, a blue shirt and dark jacket.
Issme Lealem Mihret, directeur du Département de la conservation et de l’utilisation des ressources naturelles au Bureau de l’agriculture de la région Amhara. Photo : Eyob Getahun / Landscape Alliance.

Pour Yikuno Amlak Gebre Wahid, chercheur principal et directeur du Département des ressources naturelles de l’Institut de recherche agricole du Tigré, la réunion a permis de s’attaquer à une lacune qui avait affecté la collaboration entre les trois régions.

« Jusqu’à présent, il y avait peu d’intégration entre les régions qui mettent en œuvre la GGWI. Les activités étaient menées individuellement par chaque région. Nous avons maintenant discuté de l’intégration de nos efforts, ce que je considère comme très important », a-t-il déclaré.

Issme Lealem Mihret, directeur du Département de la conservation et de l’utilisation des ressources naturelles au Bureau de l’agriculture de la région Amhara, a indiqué que les participants avaient également discuté des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la GGWI et des moyens d’améliorer la communication avec les districts.

« Nous avons soulevé les problèmes auxquels nous avons été confrontés lors de la mise en œuvre de la GGWI », a déclaré Issme. « Nous avons discuté de la manière de les corriger et de communiquer et travailler avec les districts. Deuxièmement, nous avons discuté du système de rapportage, de la manière dont les rapports seront établis à l’avenir et de la façon de déployer ce système de rapportage jusqu’au niveau local. »

Ils ont également discuté de la manière dont les activités pourraient être menées en collaboration avec le gouvernement fédéral, les projets et les ONG.

« Je pense que ce fut une discussion utile », a ajouté Issme.

L’atelier a réuni des représentants des institutions gouvernementales, des partenaires au développement, des ONG, des institutions de recherche, des organisations de la société civile et des acteurs régionaux engagés dans des initiatives de restauration des paysages, de durabilité environnementale et de résilience climatique.


Remerciements

Le programme « Connaissance pour l’Action – Grande Muraille Verte » (CAGMV) est dirigé par Landscape Alliance et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le programme soutient le renforcement des capacités en matière de gestion durable des terres, de restauration des forêts et des paysages et de reverdissement, tout en renforçant le suivi, le rapportage, l’échange de connaissances et la Coalition nationale de la Grande Muraille Verte.